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De quelle façon la pratique de la politique est affectée par les réseaux sociaux ?

L’année 2020 commence à peine, avec elle un grand nombre de changements survient. Ces dernières années ont vu l’impact des réseaux sociaux modifier profondément les comportements et la façon de communiquer des internautes, mais également celle de nos organes politiques.

Les politiques se servent des réseaux sociaux pour influencer les internautes

 

Aujourd’hui, la communication, les décisions et les actions effectuées, suivent l’humeur des réseaux sociaux.

A l’ère du web 3.0 nous constatons des changements radicaux dans la façon de communiquer via les médias sociaux. Les politiques s’adressent directement aux internautes ou aux journalistes à l’instar de Donald Trump et de ses tweets.  Les messages sont directs et orientés de sorte à influencer l’internaute à réagir et prendre part aux échanges !

Les réseaux sociaux constituent la 1ère source d’information pour plus de 40 % des jeunes électeurs en France (source France Inter). Durant la dernière campagne présidentielle de 2012, on a constaté que les communications (post, tweet) via Facebook ou tweeter ont autant d’impact qu’un déplacement de campagne. Les prétendants à l’Élysée utilisent tous les réseaux sociaux afin d’influencer les électeurs potentiels, avec plus ou moins de succès. (Source : France Inter : Présidentielle : réseaux sociaux, espace de manipulations © Getty / Dan Kitwood).

Les travaux de recherches sur la communication politique et le Web 3.0 font émerger deux catégories :

  • La première qui concernel’appropriation et l’usage des médias sociaux par les organisations politiques (l’approche de l’offre « Supply side ») ;
  • La seconde qui concerne l’appropriation et leur usage par les citoyens (l’approche de la demande « Demand side »).

(Source : Lilleker, & Vedel, 2016, Valeriani & Vaccari, 2016).

L’approche de l’offre : Supply Side

Les outils mis à disposition dans les différentes plateformes permettent à nos politiques d’adapter le message au public. Mieux encore, la mesure de l’opinion publique en direct, rend la communication plus réactive et plus pertinente pour leurs cibles. Aucune action n’est engagée sans mesurer au préalable comment les déclarations de politique ou leurs décisions joueront dans l’électorat.

Les politiques ont compris que la valeur des médias sociaux réside dans son immédiateté. C’est la course au buzz, à celui qui aura publié « en premier » une information. Trop de communications sont faites et relayées aussitôt avant même d’être vérifiées (cf. D. Trump avec ses communications via tweeter et ses fakes news).

 

L’approche de la demande :

Demand Side

 

Les citoyens ont pris la mesure de leur pouvoir à travers les différentes plateformes et outils. A tel point que l’organisation de manifestations inopinées est possible, mais surtout connaît un grand succès. Ces cinq dernières années ont vu des mouvements prendre de l’ampleur et aller jusqu’à faire fléchir la politique, le monde juridique et celui du cinéma (Balance ton porc, Me too, Gilets jaunes…).

 

Réseaux sociaux :

Comment en est-on arrivé là ?

 

Ce sont les Anonymous qui ont révélé le Web 3.0, prolongement du Web 2.0 à la différence près qu’il devient un Web libre, anonyme et activiste.

Le web 2.0 est apparu dans les années 2000, il est entré dans le langage courant après 2003. Sa notoriété explose en 2007 à l’instar de Facebook créé en 2004.

Le Web 2.0 s’accompagne de la mise en place d’outils accessibles à tous, permettant de créer des sites ou blogs, d’enrichir des contenus, d’intégrer un réseau social. Cela favorise et nourrit l’Internet communautaire, c’est un web participatif, intelligent, et social.

 

François Hollande ou comment les réseaux sociaux l’ont influencé 

 

François Hollande disait au début de son mandat qu’il n’utiliserait jamais la grâce présidentielle, car selon lui, c’est un usage d’un autre temps.

Pourtant, le 31 janvier 2016, il accorde une grâce « partielle » à Jacqueline Sauvage.

Le 28 décembre 2016, il lui accorde « une remise gracieuse du reliquat de sa peine » à la suite de la requête de grâce totale, déposée par ses filles à l’Elysée. Jacqueline Sauvage est libérée sur le champ après trois ans d’emprisonnement pour le meurtre de son mari violent.

Plusieurs manifestations de soutien ont lieu et s’entrecroisent avec les mouvements « balance ton porc et me too ». Les politiques de tous bords apportent leur soutien à Jacqueline Sauvage et surtout à la cause des femmes battues qui meurent chaque année sous les coups de leur conjoint.

Un comité de soutien est créé en janvier 2016 et plusieurs grandes figures politiques se joignent au mouvement pour réclamer sa « libération immédiate » et « la révision de la loi sur la légitime défense ».

Le 10 septembre 2012 Jacqueline Sauvage tue son mari de trois coups de fusil dans le dos. Après avoir subi ainsi que ses enfants, durant des années, les violences de son mari. Le 28 octobre 2014, la cour d’assises du Loiret la condamne à dix ans de réclusion.

Si les citoyens n’avaient pas soutenu le cas de Jacqueline Sauvage via les médias sociaux, aurait-elle bénéficié d’une grâce présidentielle ?

 

Fatima Rossignol

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Sources images :

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